Publié le 22 juillet 2026
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Pour Laura Caroline, le sport, c’est sa madeleine de Proust. Il éveille son âme d’enfant et la ramène à des souvenirs doux et joyeux ; il avait une place importante dans son parcours scolaire. Mais, à l’âge adulte, entre son rôle d’aidante, son parcours de soins et les procédures de demande d’asile, le loisir lui semble difficile d’accès et peu compatible avec son quotidien.
Dans son pays, elle n’est pas libre. Elle fait donc le choix courageux de migrer en France en 2022. A son arrivée, elle accouche d’un petit garçon en situation de handicap dont l’état de santé est fragile. Il est hospitalisé durant un an.
En parallèle, elle découvre qu’elle a développé un diabète à la suite de sa grossesse.
Cette période marque le début d’un parcours de soins pour son fils et pour elle.
Bouleversée par ces événements, elle perd confiance et se renferme pendant un temps. Un quotidien se dessine, qui ne laisse pas nécessairement la place à l’imprévu et au temps libre.
Et puis, il suffit d’une rencontre, avec son assistante sociale, Adeline Bouchet de l’association Apart, pour lui redonner de la force. Son soutien lui est d’une aide précieuse dans ses démarches et elle l’oriente vers le DAHLIR. Un accompagnement vers les loisirs se met en place. L’envie de pratiquer étant toujours très forte, elle intègre rapidement les séances hebdomadaires. Ces sessions lui permettent, avant tout, d’avoir un temps pour elle et de se reconnecter au plaisir de la pratique.
Le sport lui insuffle une nouvelle énergie qui lui donne la force de reprendre le pouvoir sur son histoire. Elle redessine sa nouvelle vie de liberté en sortant de l’isolement et en partant explorer la ville. Parmi les bénéficiaires, elle trouve du soutien auprès de personnes qui partagent le même parcours et découvre avec un grand intérêt le badminton.
Du point de vue de sa santé, la pratique lui fait perdre du poids et lui permet de stabiliser son diabète. Elle développe davantage de fluidité dans ses mouvements et son sommeil s’améliore. Grâce aux séances, elle se sent bien dans son corps et dans sa tête.
Aujourd’hui, elle a retrouvé confiance en elle et elle est fière du chemin parcouru. Elle a tissé un lien fort avec son fils. Et, elle est parvenue à trouver un équilibre entre son rôle de mère aidante, sa maladie et la nécessité de prendre soin d’elle-même. Elle se sent désormais prête à avancer et à construire son avenir professionnel.
Son histoire lui a permis de révéler ses forces. Sa générosité, son empathie et son attention aux autres l’orientent naturellement à se tourner vers le métier d’aide-soignante, dans lequel elle aimerait mettre ses qualités humaines au service des personnes âgées.
Propos recueillis par Léa Grimal