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Portrait partenaire : Claire, éducatrice sportive au sein du club “Gap Handball”

Publié le 1 septembre 2026

Portrait partenaire : Claire, éducatrice sportive au sein du club “Gap Handball”

Depuis plus de dix ans, Claire exerce le métier d’éducatrice sportive au sein du club “Gap Handball”. Son engagement et sa volonté d’ouverture font d’elle et du club des forces vives du territoire gapençais et une source d’inspiration en matière d’inclusion dans le mouvement sportif.

Peux-tu nous décrire le paysage sportif local ?

À Gap, la vie sportive est hyper active ! Il y a énormément de possibilité d’activités intérieures et de pleine nature également. Ce qui fait que les enfants, comme les adultes, ont la possibilité de tester et changer d’activités.

 

Gap Handball est une structure sportive importante dans la ville de Gap, quelles sont les différentes activités mises en place ?

Le club compte environ 400 licenciés, avec un éventail d’activités allant du “Baby Handball”, dès 3 ans, aux dérives d’activités du hand telles que le “Hand-Ensemble”, le “Handfit”, le “Beach Handball”. La Fédération Française de Handball développe et met en place de nombreuses pratiques et nous sommes l’un des rares clubs à avoir tous les labels sur l’intégration. Et c’est important nous, car on a à cœur de mener des actions dans le social. C’est d’ailleurs de cette façon-là que nous avons rencontré le DAHLIR, à Gap, via les Quartiers d’Eté. Nous essayons d’être ouverts à tout ce qu’il se passe sur le territoire pour faire avancer le sujet.

 

Avec quelles structures et professionnels intervenez-vous au quotidien ?

Notre panel d’activités est large, ce qui induit et nous amène à travailler avec de nombreux acteurs :  les communes, les centres sociaux, l’Institut médicoéducatif de Gap, par exemple, où l’on propose des séances hebdomadaires.

On ne se restreint pas à une équipe qui joue en Nationale 2, où c’est la compétition avant tout qui prime, le spectacle. Nous sommes ouverts à tout ce qui se passe à côté. On souhaite promouvoir l’accès au sport : peu importe le niveau, les capacités, les difficultés. On peut accueillir tout le monde et les faire avancer.

 

D’après toi, quels sont les facteurs pour que cette ambition puisse réellement vivre dans un club sportif ?

L’ambition doit être portée avec des acteurs engagés. Des dirigeants qui ne brident pas la possibilité de mener ces actions, au contraire. Des éducateurs qui mettent en place des projets qui leur tiennent à cœur. Et puis ce sont des rencontres, comme Amina ! C’est vraiment porteur de sens pour nous : ça nous pousse à aller dans des directions dans lesquelles nous n’aurions pas forcément été si l’on s’était cantonnés à notre simple activité.

 

Quel est l’enjeu à pratiquer une activité sportive, pour des personnes qui rencontrent des difficultés ?

En premier lieu, c’est vrai qu’on en parle beaucoup en ce moment, c’est la santé, en particulier la santé mentale. Pouvoir créer, développer du lien social. Le sport permet aussi de trouver du goût à l’effort, de s’entraider. C’est porteur de plein de valeurs différentes, qu’on oublie parfois.

Quand j’ai commencé à travailler avec Belkacem, du DAHLIR, l’idée c’était vraiment d’accueillir tout le monde, celles et ceux qui auraient envie de pratiquer du handball. Et je me bats pour ça. Même si le niveau n’est pas fou, même si on rencontre une difficulté, on peut intégrer, on peut pratiquer, on peut être sur le même pied d’égalité par le sport grâce à ça. Et Belkacem nous a permis de nous ouvrir encore plus parce qu’il y a encore un autre public qu’on n’aurait pas pu accueillir s’il n’était pas là.

Je me rappelle aussi très bien lorsque j’ai commencé le hand : je me suis accrochée car ma sœur y allait, et je voulais faire comme elle. Par la suite, comme Amina, l’a très bien décrit, tu y vas pour être avec des copines, tu t’entraides et tu partages de vrais moments. Tu trouves un autre équilibre que la famille, tu sais que tu peux compter sur ton équipe.

 

Et de quelle façon au sein du club, vous travaillez sur cette accessibilité, cette ouverture ?

Il faut d’abord un premier pas et que ce soit le club qui se déplace auprès des publics éloignés. Par exemple, dans le quartier prioritaire de Gap, si on va vers eux, sur un lieu qu’ils connaissent déjà, le frein sera minime et du coup on pourra, avec des relais comme Belkacem, arriver à les toucher.

Le fait de pouvoir accueillir, proposer des séances à ces publics, qu’ils aient des problématiques sociales, qu’ils soient en situation de handicap, nous sensibilise à changer également nos pratiques. Cela ne signifie pas qu’ils vont s’inscrire automatiquement à Gap Handball, mais ça nous amène à réfléchir sur notre organisation.

Le but du jeu, quand on propose des séances d’initiation, notamment aux plus jeunes c’est que s’ils décident de franchir les portes du club, ils puissent vraiment le faire. Nous faisons un gros effort, sur la cotisation quoi qu’il se passe.

La Fédération est assez motrice en termes de proposition pour rendre la pratique plus accessible. Mais il est nécessaire de travailler au niveau local avec des acteurs relais comme les centres sociaux, le DAHLIR, la communauté d’agglomération. Je me rappelle une jeune fille qui était venue une fois lors d’une séance que nous avions animé pendant les Quartiers d’Eté, à Gap. Elle s’était ensuite inscrite au hand puis est devenue l’une de nos services civiques. Le sport peut créer ces passerelles-là, s’il y a une politique volontariste et un écosystème local qui s’y prête !

 

Quels sont les conditions, les qualités indispensables d’un éducateur sportif au sein d’un club inclusif ?

Pour moi, ce seraient la bienveillance, l’empathie, avoir le sourire et la bonne humeur !

 

Pour finir, qu’est-ce que nous pouvons souhaiter à Gap Handball pour demain ?

On peut lui souhaiter d’être toujours autant moteur et de continuer d’avancer !


Propos recueillis par Sidonie Joubert