Haute-Loire (43)
Publié le 1 juillet 2026
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Retrouver confiance pour envisager un nouvel avenir professionnel
Pensé avec Karine Nicloux, assistante sociale de la Carsat et Chrystelle Vidil, conseillère Services à l’Assurance Maladie, ce projet proposé au Puy-en-Velay (43) vise à accompagner des personnes en arrêt de travail depuis plus de six mois vers une remobilisation sociale et professionnelle. Il mise sur le collectif pour favoriser la sociabilisation, les échanges et la réflexion autour d’un nouveau projet professionnel.
L’activité physique comme levier
Au programme de la journée, le matin ce sont des ateliers théoriques et de réflexion. On travaille sur les émotions, la confiance en soi et la préparation mentale. Il y a également des interventions de psychologues, de Cap Emploi, de France Travail ou encore du réseau “Les entreprises s’engagent”.
L’après-midi, place au mouvement, avec des sessions de basket, de course d’orientation ou d’activités sportives adaptées. Ces séances sont dispensées par des clubs ayant bénéficié de la formation Sport Bien-être. Le champ de découverte des activités est varié : on trouve du golf, de l’escrime et même des baptêmes de plongée.
Avant de rejoindre le dispositif, chaque participant assiste à une présentation complète du programme. On définit les capacités physiques et les limitations de chacun, grâce à la prescription d’activité physique par le médecin et à des questionnaires d’auto-évaluation en trois axes.
Le premier axe analyse la perception générale du participant de sa santé, le second identifie les ressources qu’il peut mobiliser pour un changement de parcours professionnel et le dernier définit les compétences transversales, en lien avec l’emploi, qu’il souhaite travailler.
L’activité physique peut être un levier pour reprendre confiance en soi et sortir de l’isolement. Beaucoup de participants ont vécu un accident, une maladie chronique ou un événement de vie ayant profondément modifié leur santé et leur rapport au travail. En participant à ces après-midis, ils apprennent à aller au-delà de leurs difficultés physiques et à trouver la force de se remobiliser.

« Je me suis surpassée », témoignage de Madame F.
Madame F. , participante de la première édition, raconte combien cette expérience a changé son quotidien.
« Le premier jour, j’avais un peu mal au ventre parce que je me demandais sur qui j’allais tomber. Et puis finalement, ça s’est fait naturellement. Très vite, le groupe devient un soutien essentiel. Les séances ont fait remonter des choses enfouies en moi et j’ai pu les verbaliser. L’après-midi a été un régal, je me suis surpassée. J’ai senti que j’avais encore cette envie d’être avec les autres, de faire des choses en groupe. Je me disais : “Je ne fais rien, je suis totalement inactive”. Et en fait, on m’a aidée à comprendre que ce n’était pas vrai. «
Développer le pouvoir d’agir
Au-delà des ateliers, le projet a pour but de leur apporter une vision positive, une capacité de rebond et leur donner les outils pour réinventer leur parcours professionnel, en adéquation avec leurs envies.
Pour Simon, coordonnateur départemental au DAHLIR, le collectif apporte une réelle force et est vecteur de construction individuelle. A travers une dynamique bienveillante, les membres du groupe s’apportent attention, écoute et acceptation. Ses journées deviennent une parenthèse douce à leur quotidien et un temps de découverte encourageant pour reprendre confiance en leur avenir.
L’activité physique devient un outil pour travailler des compétences psychosociales, en lien avec leurs craintes et leurs doutes, mobilisables dans la direction de l’emploi.
Des résultats encourageants
La première année, dix personnes ont été accompagnées à travers trois séances collectives. Et les résultats ont dépassé les attentes. Sur les dix personnes accompagnées, toutes ont engagé des démarches : soit un nouveau projet professionnel, soit une formation.
Ce succès a convaincu la Carsat Auvergne de soutenir davantage le projet. Une nouvelle étape a ensuite été franchie grâce à la fondation AUREP Mécénat, qui a retenu la candidature de l’association, dans le cadre de son appel à projets. Le projet a également obtenu le Prix Auvergne “Territoire vulnérable” décerné par AUREP Mécénat. Un fond philanthropique qui vise à soutenir des initiatives d’intérêt général en faveur des personnes et des territoires en situation de vulnérabilité. Ce soutien a permis de passer de trois interventions à douze et de proposer un accompagnement beaucoup plus ambitieux.

En 2027, l’aventure vise à être développée sur le territoire de Brioude et on l’espère, sera essaimé sur d’autres territoires du DAHLIR.
Article rédigé par Anastasia Dru