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Portrait bénévole : Hervé, Président de l’association

Publié le 24 mars 2026

Portrait bénévole : Hervé, Président de l’association

Engagé depuis plusieurs années au DAHLIR, Hervé en est aujourd’hui le président après en avoir été administrateur. Dans cet entretien, il revient sur son parcours et les enjeux actuels de l’association.

Engagé depuis plusieurs années au sein du DAHLIR, Hervé a d’abord été administrateur de l’association avant d’en devenir aujourd’hui le président.

Ancien inspecteur Jeunesse et Sports, Hervé a consacré une grande partie de sa carrière aux politiques publiques liées à l’éducation populaire, au sport et à l’inclusion. De ses débuts comme professeur des écoles à Lyon jusqu’à la direction de l’ école nationale des sports de montagne à Chamonix, son parcours s’est construit autour d’un même fil : accompagner les initiatives et ouvrir des possibilités d’engagement pour tous.

Dans cet entretien, il revient sur son parcours, sur les premières réflexions qui ont conduit à la création du DAHLIR et sur les enjeux qui se posent aujourd’hui pour l’association.

 

Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?

J’ai commencé comme professeur des écoles en ZEP à Lyon, dans des sections d’éducation spécialisée. Au bout de sept ans, j’avais le sentiment de tourner en rond au sein de l’Éducation nationale. Je me sentais un peu coincé dans ma classe, même si j’ai eu la chance de croiser des gens intéressants et de travailler dans des écoles avec de vrais projets pédagogiques.

J’ai alors passé le concours d’inspecteur Jeunesse et Sports. Pourquoi ce ministère? Parce que j’étais déjà très investi dans l’éducation populaire : les centres de vacances, la formation des animateurs, ce type d’engagement.

J’ai ensuite travaillé tout le temps pour au sein de Jeunesse et Sports, avec plusieurs affectations : en Moselle, à Saint-Étienne, en Nouvelle-Calédonie, à Lyon, en Haute-Loire. J’ai terminé ma carrière à Chamonix comme directeur de l’école nationale qui forme, entre-autres, les moniteurs de ski et les guides de haute montagne.

 

À quel moment les questions d’inclusion sont-elles apparues dans votre parcours ?

Quand j’ai commencé, ce n’était pas vraiment un sujet mis en avant. Dans les centres de vacances que je dirigeais, j’aimais organiser des séjours avec de petits groupes, une quinzaine de jeunes. À deux reprises, j’ai accueilli des personnes handicapées, notamment une personne trisomique. C’était un choix personnel, mais il n’y avait pas encore des politiques publiques structurées qu’on peut avoir aujourd’hui sur ces questions.

Je ne me situais pas dans une réflexion théorique sur l’inclusion. C’est venu progressivement, au fil des expériences.

 

Comment avez-vous vécu les débuts du DAHLIR ?

En 2004, lorsque j’étais directeur de la DDJS en Haute-Loire, on parlait beaucoup d’intégration et de politique de la ville. Mais on restait surtout dans une logique d’offre : labellisation, annuaires de clubs accueillants… On proposait des structures, sans forcément partir des besoins réels.

Le déclic est venu le jour où des parents sont venus chercher une solution pour que leur fils puisse jouer aux boules. Ils ont rencontré Pierre-Emmanuel, qui était à l’époque correspondant handicap. Et là, on s’est dit : « il faut aussi partir de la demande ».

À partir du moment où une demande existe, il faut regarder comment lever les obstacles et les freins administratifs, financiers, organisationnels, humains. Cette logique s’est installée progressivement et on a vu que ça fonctionnait.

En Haute-Loire, on était à peu près les seuls à se poser ce type de question à ce moment-là. Mais cela a commencé à intéresser certaines personnes au ministère. On s’est alors dit qu’il fallait structurer cette démarche. Cette structuration a finalement conduit à la création du DAHLIR en 2012.

Un moment important aussi a été la rencontre avec André Bertrand, alors directeur de la MDPH de Haute-Loire. Il nous a reçus, Daniel Sansano et moi, et a ouvert les portes de la MDPH. En sortant de cette réunion avec Daniel, on s’est dit : « là, une étape franchie».

Ce sont ces petites réussites, ces débuts de reconnaissance d’un chemin possible, qui ont été marquants.

 

Dans votre parcours, quels événements ont particulièrement marqué votre vision des politiques sportives ou associatives ?

Il y a d’abord les moments où les choses changent d’échelle. La mise en place du sport-santé, par exemple. Pendant longtemps, on restait dans le « il faudrait faire », sans que cela avance vraiment.

Puis une circulaire a été co-signée par le ministère des Sports et le ministère de la Santé. Deux signatures. Et quand les des ministres s’engagent aussi nettement, les choses doivent suivre.

Avec l’implication du ministère de la Santé, les Agences Régionales de Santé se sont mises en mouvement. À l’époque, j’étais à la direction régionale de la Jeunesse et des Sports à Lyon. On a rencontré l’ARS et les actions se sont rapidement structurées. Aujourd’hui, le sport-santé est largement financé par les ARS.

Il y a aussi des expériences marquantes liées à de grands événements. En Nouvelle-Calédonie, par exemple, nous étions la base arrière des équipes de France pour les Jeux olympiques de Sydney. Plus tard, à Chamonix, l’Ecole que je dirigeais a été un des sites d’accueil des Jeux olympiques de la jeunesse, organisés par la ville Suisse de Lausanne en lien avec le CIO.

Tout cela montre surtout que les projets peuvent venir de partout, pas seulement de Paris. Même des territoires plus petits peuvent porter des initiatives importantes.

 

Après votre retraite, pourquoi avoir choisi de vous engager au sein du DAHLIR ?

Je n’avais jamais perdu le le contact. J’avais observé avec intérêt l’évolution de l’association, toujours sur cette même logique : partir de la demande et accompagner les personnes pour qu’elles puissent accéder à des activités de droit commun.

En voyant tout ce qu’il restait encore à développer et à réfléchir, cela m’intéressait de continuer à suivre cette dynamique.

Quand je suis arrivé à la retraite en 2020, Pierre-Emmanuel m’a appelé et m’a dit :
« Si tu ne sais pas quoi faire, deviens administrateur au DAHLIR, ça peut toujours servir ! »

Pour moi, c’était presque une évidence de revenir.

Et puis l’engagement associatif est aussi une affaire de relations humaines. Je me sentais bien avec André, Daniel, Pierre-Emmanuel, et aussi avec Thibaut, que nous avions contribué à recruter. Ce sont des personnes avec lesquelles j’avais envie de poursuivre un bout de chemin.

Aujourd’hui président, quels sont selon vous les principaux enjeux pour le DAHLIR ?

Au-delà des titres, l’idée est de faire vivre un bureau réellement impliqué dans les travaux. Les administrateurs doivent être en lien avec l’activité de l’association et participer à sa réflexion. C’est essentiel.

Il y a aussi la volonté de construire un conseil d’administration composé de personnes venant d’horizons différents. Mais faire vivre un conseil d’administration n’est pas toujours simple. C’est une question importante pour la pérennité de l’association, et c’est un sujet sur lequel je me sens particulièrement investi, avec Pierre-Emmanuel.

La question est toujours la même : à l’endroit où je suis, comment puis-je aider à transmettre et à faire vivre les valeurs de l’association ?

Il faut que le DAHLIR continue d’évoluer tout en restant fidèle à son socle. Explorer de nouvelles pistes, mener des expérimentations, tout en consolidant ce qui existe déjà. Ce n’est pas toujours simple, d’autant plus qu’il y a des incertitudes liées aux financements, aux politiques publiques ou aux échéances électorales.

 

Quelles sont vos inspirations, dans votre manière de travailler ou dans votre quotidien ?

Je préfère me mesurer à moi-même plutôt qu’aux autres. Je n’ai jamais été très à l’aise avec la compétition sportive. J’ai plutôt mes propres défis.

Dans le travail aussi, il y a suffisamment à faire sans marcher sur les pieds des autres. Ce qui m’intéresse, c’est d’échanger et d’essayer de construire des choses ensemble.

Je lis régulièrement le journal Le Monde, en version papier ou numérique. Je suis aussi abonné à une lettre d’information qui s’appelle Telos, qui propose souvent des réflexions intéressantes. J’aime regarder comment la pensée évolue.

Côté musique, je ne passe pas mon temps avec un casque sur les oreilles ! Quand j’ai l’occasion j’aime bien écouter les Beatles, Leonard Cohen, Johnny Cash ou Patti Smith.. Chaque écoute me renvoie à des souvenirs, à de bons moments. J’aime aussi comprendre d’où viennent les chansons que j’écoute, leur environnement et ce qu’elle disent.

Quels souhaits formulez-vous pour l’avenir du DAHLIR ?

Pour l’avenir proche, je souhaite que l’association franchisse le cap de l’élection présidentielle de 2027 dans de bonnes conditions car dans notre secteur d’activités, nous sommes dépendants des politiques publiques mises en œuvre.

Je souhaite donc qu’à l’issue du choix fait par les français, nous puissions continuer à avoir une certaine stabilité des financements, une réelle vie associative démocratique, et la possibilité de continuer à mener les projets que nous souhaitons développer au sein du DAHLIR en accord avec nos valeurs.

L’essentiel est de garder la capacité d’agir et d’innover, tout en restant fidèles à l’esprit qui a guidé la création de l’association.


Propos recueillis par Anastasia Dru