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La santé mentale au cœur d’un partenariat prometteur entre le club de Badminton de Châtel-Guyon, le GEM des Dômes, le DAHLIR et le Centre Hospitalier Sainte-Marie du Puy-de-Dôme

Puy-de-Dôme (63)

Publié le 3 juillet 2026

La santé mentale au cœur d’un partenariat prometteur entre le club de Badminton de Châtel-Guyon, le GEM des Dômes, le DAHLIR et le Centre Hospitalier Sainte-Marie du Puy-de-Dôme

Le mercredi 03 juin 2026, nous avons enfilé nos affaires de sport pour nous rendre au gymnase Aimé Césaire de la Ville de Riom. Au programme, une séance d’initiation au badminton à destination des personnes concernées par des troubles psychiques et psychiatriques, animée par le club de Badminton de Châtel-Guyon.

Au terme de cette séance, une quinzaine de pratiquants et un bilan positif. Les mots qui ressortent du partage d’expérience sont très forts. Certains participants révèlent retrouver de la confiance à travers la pratique.

 

Le projet en quelques lignes

Aux prémices de ce projet, le club CHATEL BADMINTON a pris contact avec le DAHLIR car il souhaitait développer des projets de « Bad Santé Bien-être » et avait besoin d’être accompagné sur une mise en réseau avec des structures médico-sociales.

En parallèle, le Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel (CATTP) Riom Adulte était également demandeur de la mise en place d’activité sportive en Sport Santé Bien-être.
L’année précédente, la structure avait initié une activité « Escalade et Sophrologie » en partenariat avec l’association Le Rappel et le Groupe d’Entraide Mutuelle (le GEM des Dômes). Le succès de cette initiative a mis en évidence les bienfaits de ce type d’actions et a donné l’impulsion aux structures participantes de s’ouvrir à d’autres sports.

La proposition, faisant écho à la démarche d’inclusivité sociale du club CHATEL BADMINTON, le DAHLIR les a donc mis en lien. Une nouvelle proposition a rapidement vu le jour : faire découvrir gratuitement la pratique du badminton aux personnes concernées par des troubles psychiques et psychiatriques. Nous assistons à la première séance.

L’objectif est de mettre en place à terme des cycles composés de séances mensuelles (voire bimensuelles selon les moyens) afin d’évaluer les impacts de ce format sur la durée.

Le projet sera officiellement lancé en septembre 2026 avec trois initiations totalement gratuites proposées. L’opportunité pour les bénéficiaires de découvrir une nouvelle activité, de créer du lien social et d’avoir accès plus facilement à une pratique régulière grâce à l’accompagnement vers les clubs.

 

 

A quoi ressemblent ces séances ?

L’objectif, c’est avant tout de permettre aux personnes de s’évader du quotidien et de développer d’avantage d’autonomie. Elles reposent sur des temps complémentaires alliant échanges, activité physique adaptée et exercices de respiration.

Ici, l’accent est mis sur la coopération. Il n’y a pas de compétition entre les participants. On travaille la notion de collectif à travers des challenges communs qui nécessitent une posture d’entraide et de coopération.

La connaissance et la conscience de soi sont également au cœur de la pratique grâce à des exercices de pleine conscience, de respiration et des partages d’expérience.
Ces moments d’échange enrichissent la cohésion de groupe et permettent le développement de compétences sociales.

La pratique physique quant à elle, est amenée de manière ludique par le biais de mini-jeux intégrant des temps de renforcement, de cardio, de prophylaxie et, bien sûr, des temps de pratique du badminton.

 

Quelle est la différence entre une séance de badminton classique et une séance Bad Santé Bien-être ?

La principale différence réside dans la démarche des pratiquants.
Les séances Bad Santé Bien-être gardent la même construction quels que soient les publics : insertion, handicap, santé etc. Dans le milieu de la santé mentale et du handicap, le fil rouge reste la santé mais il est travaillé à travers une pratique ludique, attractive et diversifiée.

En Bad Santé Bien-être, les pratiquants cherchent avant tout à rester en bonne santé et ils sont conscients que la pratique sportive peut avoir un réel impact sur cette dernière. Le badminton devient un outil permettant de tendre vers cet objectif.

 

 

La performance sociale au sein de CHATEL BADMINTON 63, un pilier du projet de club

Nous profitons de la fin de séance pour échanger avec Kevin Chaumeil, éducateur sportif formé en Santé Bien-être au sein du Club de badminton de Châtel-Guyon. Depuis une dizaine d’années, le club a pour volonté d’ouvrir le badminton au handicap et à la santé mentale, et d’utiliser sa pratique comme levier vers la santé physique et mentale.

Malgré des contraintes liées au manque de créneaux, aux équipements sportifs limités et au déficit des moyens financiers, le club poursuit son développement en faveur de l’inclusion sociale au fil des années.

Dans un premier temps, ils ont débuté en proposant des séances à destination de personnes éloignées de la pratique physique : en rémission d’un cancer, en situation d’obésité ou atteintes d’une affection longue durée.

L’idée était de mettre en place des séances adaptées à leurs attentes, d’accompagner les personnes qui désiraient revenir à une pratique en club ainsi que celles qui recherchaient une pratique bienveillante sans craindre le regard des autres.

Ensuite, un nouveau volet a vu le jour, orienté vers l’accompagnement des personnes en situation de handicap mental, en collaboration avec les Centres de Foyer de Travailleurs Handicapés. Le projet a commencé avec des actions ponctuelles. Et petit à petit, des journées d’inclusion se sont mises en place.

En continuité de sa démarche d’inclusion, le club souhaite, durant l’année à venir, intégrer les publics sur les créneaux animation débutant du club. Les pratiquants gagneront ainsi en autonomie tout en évoluant dans un environnement inclusif, avec l’accompagnement des structures partenaires.

Le club est également engagé depuis plus de quinze ans auprès des EHPAD.
A partir de la rentrée 2026, de nouvelles actions sont envisagées dans cette volonté de créer des passerelles entre les différents publics et de mettre en place des initiatives porteuses de sens.

Des idées sont en réflexion comme la mise en place d’ateliers de pâtisserie ou de confection de tricot pour les tubes de volants. Ces réalisations seraient par la suite vendues par le club pour ensuite reverser les profits aux EHPAD participants.

 

Vers un changement des mentalités dans les clubs et les fédérations

Pendant longtemps, les clubs et les fédérations ont raisonné en termes de performance sportive. Aujourd’hui, les mentalités commencent à changer. On parle davantage de la notion de bien-vieillir, la parole se libère autour de la santé mentale des athlètes de haut niveau et la thématique de l’inclusion est devenue un réel enjeu dans le milieu sportif.

La santé et le bien-être physique, mental et social deviennent des défis majeurs. Les différentes institutions se tournent, de plus en plus, vers la recherche de solutions pour répondre à ce besoin. Et on réalise que la pratique sportive en fait partie.

La fédération de badminton porte aujourd’hui cette volonté de rendre le badminton accessible à tous. On prend conscience que la dimension sociale fait partie intégrante des clubs : à travers les animations, les événements ou encore les actions menées auprès de publics éloignés de la pratique sportive. 

C’est une vision que le club de Châtel-Guyon défend depuis une dizaine d’années. On espère que le projet inspirera prochainement d’autres clubs et que d’autres initiatives pourront également voir le jour en faveur de la santé, du bien-être et de l’inclusion.

 

Créer des ponts entre les différents acteurs du territoire et favoriser les dynamiques vertueuses

Pour Joris Martin, coordonnateur santé au sein du DAHLIR et à l’initiative de ce projet, c’est une belle illustration du rôle du DAHLIR auprès des acteurs du territoire : mettre en réseau les organisations sportives et les structures médico-sociales, lever leurs freins potentiels et faciliter la mise en place de ce type de projets.

On cherche à créer une dynamique vertueuse : accompagner la naissance de nouveaux projets, dont le succès permet aux autres clubs de s’ouvrir à cette possibilité à leur tour, et ainsi, créer de nouvelles opportunités pour nos bénéficiaires.  


Article rédigé par Sidonie Joubert